L’Interview de Béa Johnson – part 3

Le 1 avril 2015.

L’Interview de Béa Johnson  – part 3

Le 30 mars dernier, Béa Johnson, la « prêtresse du zéro déchet » a fait escale à Roubaix pour une conférence. Nous en avons profité pour l’interroger sur le mode de vie qui l’a rendue célèbre Outre Atlantique, comme en Europe

Ressentez-vous un intérêt croissant en France vis-à-vis du mode de vie zéro déchet ?
D’après les retours que j’en ai eu, ce mode de vie intéresse beaucoup le public français. Il semble avoir moins peur de la simplicité volontaire sur laquelle ce mode de vie est fondé par rapport au public américain. Parallèlement à l’intérêt croissant pour le mode de vie zéro déchet, les magasins de vrac en France sont en pleine expansion. Mon livre a inspiré de dizaines d’entrepreneurs à se lancer. Vous pouvez vous imaginer à quel point toutes ces initiatives me font chaud au cœur !

En France, l’idée que le mode de vie zéro déchet n’est réservé qu’aux «bobos» est assez répandue…
Si j’avais entendu parler d’une famille « zéro déchet » il y a 8 ans, j’aurais eu ce même réflexe: « Ce sont des hippies et je suis sûre qu’ils passent leurs journées à se préoccuper de leurs déchets ». D’ailleurs, quand j’ai exposé notre mode de vie au grand public, nous avons été beaucoup critiqués. Au fil du temps, grâce notamment à la médiatisation, ces à priori ont changé, le terme de zéro déchet a perdu ses stigmates, et les critiques se sont tues. Les gens se sont aperçus que nous n’étions pas des hippies, mais que nous vivions une vie normale, simple et moderne. Depuis la parution de mon blog, puis de mon livre, des milliers de personnes à travers le monde (et particulièrement en France) ont adopté le zéro déchet. C’est un mode de vie qui ne connaît aucune limite sociale : faire des économies et gagner du temps sont des sujets qui attirent tout type de famille confondu.

Trouvez-vous qu’il y a-t-il un potentiel particulier en France pour ce mode de vie ?
La France présente en effet certains avantages que les USA n’ont pas. Voici quelques exemples : les marchés de producteurs et les halles qui sont une excellente source de vrac ou de produit a la coupe (ici, au marche, les produits animaux sont vendus sous vide). Le vin en vrac y est aussi beaucoup plus développé qu’ici. Le beurre et la crème fraîche y sont disponibles au poids à la fromagerie. Les petits artisans de campagnes sont bien indiqués et accueillent avec joie les visiteurs.

Que pensez-vous du projet Zéro Déchet lancé par la Ville de Roubaix ?
C’est génial que la Ville mette en place des démarches pour implémenter le zéro déchet. Malgré l’intérêt croissant, il y a des personnes qui n’ont pas ce déclic et qui ne sont pas sensibilisées à ces sujets. Dans ce cas, il est important que ce soit  les politiques qui amènent et facilitent le zéro déchet aux habitants. D’ailleurs, je pense que ce type de projet contribue à renforcer les liens dans la communauté.

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