Béa Johnson : « On me disait que ce que je faisais ne servait à rien. On a prouvé qu’une famille seule peut inspirer des milliers de personnes »

Le 31 mars 2015.

Béa Johnson : « On me disait que ce que je faisais ne servait à rien. On a prouvé qu’une famille seule peut inspirer des milliers de personnes »

Plus de 500 personnes ont assisté à la conférence de Béa Johnson, qui s’est tenue hier, à La Condition Publique. L’icône du Zéro Déchet a livré son expérience personnelle et échangé avec les familles roubaisiennes engagées dans le défi

« Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous montrer des incinérateurs ou des décharges qui débordent ! », débute ainsi le « show » de Béa Johnson, qui pendant sa « tournée » européenne, a fait escale à Roubaix, lundi 30 mars. Le message que cette française expatriée en Californie veut donner est avant tout positif : montrer qu’on peut être une famille normale et moderne tout en choisissant un mode de vie fondé sur une « simplicité volontaire ».

Car, si Béa Johnson n’est pas une femme extraordinaire, sa démarche et les résultats atteints dans le pays de l’hyperconsommation relèvent de l’exploit. Elle et sa famille ont réussi à ne produire plus qu’un bocal de déchets par an tout en faisant 40% d’économies sur leur budget. Derrière son allure de « business woman », Béa Johnson ne veut pas non plus donner l’image de la femme parfaite. Sans tomber dans le rôle de donneuse de leçons, elle raconte les péripéties dans son chemin vers une vie sans déchets en dosant savamment l’autodérision. « Au début, j’essayais de trouver des alternatives à tout », explique-t-elle devant le public de La Condition Publique. « De la fabrication maison de mon gloss à base d’orties, à l’utilisation de la mousse végétale à la place du papier toilette, ou encore la fois où mon mari m’a suppliée d’arrêter de me laver les cheveux avec de la vinaigrette, tout simplement parce que ça pue ! » Cette attitude « fun et positive » est sans doute d’ailleurs l’un des secrets  de son succès : son blog compte aujourd’hui 8 millions de visiteurs et son livre est désormais un best seller.

Désencombrer sa maison comme sa vie
Son aventure commence en 2006, lorsqu’elle et son mari déménagent dans la banlieue de San Francisco. « En attendant de trouver une maison, nous avons dû stocker presque tous nos avoirs dans un garde meubles ».  Et là, c’est le déclic : « On a commencé à se poser de questions : Est-ce qu’on a vraiment besoin de tout ça? Pourquoi garder trois- quatre services de vaisselles ? Pourquoi remplir notre garage d’objets qu’on n’aura jamais le temps de réparer ? » Des questions doublées d’une vraie prise de conscience écologique anti-déchet et anti-gaspillage. Pour les Johnson commence alors une grande opération de «désencombrement» : la famille fait don de 80% de ses biens matériels.

Les 5 « R » de Béa Johnson
Aujourd’hui, les Johnson semblent avoir trouvé une formule gagnante, un mode vie Zéro Déchet durable, fondé sur 5 «  R »:

Refuser « C’est si simple et au même temps si compliqué que de savoir dire non. Tout d’abord, refuser tout produit à usage unique et éviter le plus possible le plastique. Le secret est d’arrêter les déchets avant qu’ils rentrent chez vous ! Le zéro déchet c’est plus ce qu’on fait en dehors de notre maison que dedans. »
Réduire « Pourquoi j’ai une dizaine de cuillères en bois ? Pourquoi des dizaines de produits différents pour le ménage ? Le zéro déchet est un choix de mode de vie minimaliste, qui commence par le tri et le désencombrement dans chaque pièce de la maison. Par exemple, chez nous, le dressing est minimaliste. On a peu de vêtements multifonctionnels, et notre garde robe rentre dans un bagage à main !»
Réutiliser « Aujourd’hui, on remplace un objet uniquement si cela est strictement nécessaire. En plus, on achète uniquement des objets, des meubles et des vêtements d’occasion, sur internet ou sur les brocantes. En ce qui concerne la nourriture, je n’achète plus que des produits en vrac dans des  sacs en tissus réutilisables et des bocaux en verre.»
Recycler «  Le comble : c’est qu’avec le zéro déchet, on recycle moins ! Si on a bien suivi les trois premières R, il nous reste peu de choses à recycler. Lorsqu’on achète, on fait attention à choisir le verre, le métal, le papier, le carton et jamais le plastique!
Composter (Rot en anglais) : Tout ! Épluchures, cheveux, ongles…

Béa Johnson en est convaincue, « Acheter, c’est voter ! Il ne faut pas avoir peur de faire entendre sa voix. Le consommateur a un énorme pouvoir, à chaque fois qu’on achète quelque chose on décide de renforcer une pratique durable ou pas pour notre planète et l’avenir de nos enfants  ».

Retrouvez l’interview exclusive de Béa Johnson, prochainement sur roubaixzerodechet.fr

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