Ils l'ont fait !

Découvrez les parcours et bonnes pratiques de citoyens engagés et d'institutions, ça pourrait vous donner des idées !

En 2014, quand la Ville met en place sa stratégie Zéro Déchet, c’est d’abord pour répondre à une question de salubrité publique. En 2015, elle lance le « Défi famille ». Il invite les foyers roubaisiens à réduire de 50% le volume de leurs ordures ménagères en l’espace d’un an.

La démarche, surtout, a essaimé. Elle fédère aujourd’hui une communauté d’acteurs, associations, commerçants, écoles, entreprises, tous engagés dans la réduction des déchets, le réemploi, le recyclage et la recherche de solutions durables. C’est d’ailleurs la marque de fabrique de la dynamique roubaisienne qui présente l’originalité d’associer une diversité d’acteurs. La ville se transforme et donne l’exemple en France et au-delà.

La ville montre l’exemple

Dans la ville pionnière en France du Zéro Déchet, la collectivité se doit d’être exemplaire. 493 agents, soit environ 25% du personnel, ont déjà signé la charte interne Zéro Déchet.
De nouvelles actions sont par ailleurs régulièrement mise en place. En voici quelques exemples :

  • Quand vient l’heure de remplacer le mobilier et le matériel administratif usagés, ceux-ci sont offerts aux associations
  • Le tri sélectif est optimisé à l’aide des poubelles design à plusieurs compartiment « Factotri » disposées dans les couloirs
  • Les bouteilles en plastique ont laissé place aux fontaines à eau
  • Lors des cérémonies protocolaires, le verre de l’amitié est servi dans de la vaisselle réutilisable
Poubelles « Factotri »

Andrée et Guy Nieuwjaer

Famille Zéro Déchet
Pour Andrée Nieuwjear, dynamique retraitée de 62 ans, le Zéro Déchet est une histoire ancienne.
Salariée de l’industrie textile durant ses années d’activité, déjà cette mère de 4 enfants récupérait les chutes de tissu pour leur confectionner des vêtements.
Guy, son mari, et elle ont rejoint le Défi familles dès son lancement en 2015.
Depuis, ils cultivent leurs légumes sur une parcelle de terrain louée à la mairie. Entre autres nouveautés, dans leur vie Zéro Déchet, le composteur sur leur balcon figure en bonne place, de même que la lessive faite maison.
Beaucoup plus que le passage à une consommation raisonnée, un changement radical de vie pour le couple.

Dizy, do it design

Vianney Sauvage et Augustin Poncelet
La startup Dizy, implantée à Blanchemaille, bâtiment autrefois occupé par La Redoute, propose du mobilier design, responsable et modulable à l’infini, à partir d’une palette constituée de 36 éléments interchangeables.

L’idée ? Choisir les pièces dont on a besoin parmi des abat-jours, des pieds, des traverses, des plateaux… Mixer les couleurs et assembler le tout, sans outils, pour créer un meuble unique. Une multitude de combinaisons est possible.

Les créateurs de Dizy ont minutieusement choisi les matériaux et pensé toute la logistique dans un objectif de consommation durable et responsable :

  • Métal recyclable 100% made in France
  • Bois PEFC et FSC transformé au Portugal
  • Piètement en chêne massif apprécié pour sa solidité
  • Plateaux en contreplaqué de bouleau résistant au choc et recouverts d’un placage chêne pour une finition parfaite
  • Emballages en carton recyclé 100% français

Dizy a vu le jour en janvier 2019 après deux années de discussions, des centaines de choix stratégiques et des dizaines de prototypages.

Etnisi

Espérance Fenzy
Née en 2017, EtNISI crée des objets du quotidien à partir de matières usagées : coquilles de moules, balles de tennis, marc de café, pierre bleue, brique rouge, verre de bouteille, etc., chaque matériau donnant une couleur unique à l’objet.

Les nouvelles matières EtNISI sont appelées WASTERIAL ®, car elles racontent une histoire, celle de leurs origines. Elles sont élaborées à partir de matériaux recyclés provenant de la déconstruction de bâtiments, de sédiments fluviaux ou encore de coquille de moules. Le procédé de fabrication unique permet la mise au point de nouvelles matières innovantes à partir d’une infinité d’origines de matières.

En 2018, EtNISI s’est lancée dans un pari fou : récupérer les célèbres coquilles de moules de la braderie de Lille pour les transformer et en faire des objets design. Espérance Fenzy a alors collecté 4 tonnes de coquilles, qu’il a traitées et réduite en poudre pour créer une nouvelle matière.
C’est ainsi que sont nés Jean, le tabouret, et Paula, la bougie.

Niiji, la lunchbox Zéro Déchet

Céline Scavennec
La lunchbox est un système de contenants de 500 ml ou 800 ml qui, comme les bentos japonais, s’empilent verticalement, et permet ainsi de s’adapter à une grande diversité de repas à délivrer. Mais ce qui en fait une véritable alternative au jetable est son service de consigne numérique : la lunchbox est en effet consignée 10 euros.

Le client l’emprunte au restaurant auquel il achète son repas, avec l’obligation de lui restituer dans la semaine. À défaut, le client est débité de la somme correspondant au prix de la consigne.

Niiji a créé la marque « Eat and back » pour développer ce service de consigne numérique, l’enjeu étant de convaincre les professionnels de la restauration de renoncer aux emballages jetables.

© Niiji

Écoconçue et fabriquée à Tourcoing avec des matériaux biosourcés, la lunchbox est non seulement une alternative durable au plastique pétrochimique, mais elle favorise l’emploi local.

Néo-Eco, un monde sans déchets

Benjamin Constant et Christophe Deboffe
Depuis 2008, Néo-Eco a pour mission d’offrir une nouvelle vie aux matières usagées.
L’entreprise propose des solutions pratiques d’économie circulaire au travers de ses différents métiers : ingénierie de l’industrie de recyclage (solution industrielles de tri et de valorisation des matières usagées) ; conception et développement d’Éco-Matériaux et d’Éco-Produits ; conseil en RSE.

L’expertise de Néo-Eco couvre toutes les matières usagées solides. Elle est en particulier à la pointe de la valorisation des matières usagées minérales, comme les produits de la déconstruction, les sédiments ou encore les mâchefers.

Néo-Eco propose une approche de Déconstruction Reconstruction Innovante (DRI) permettant de valoriser jusqu’à 100% des bâtiments in infrastructures à déconstruire : à partir des matériaux déconstruits, Néo-Eco travaille à leur préparation, leur normalisation et leur formulation en de nouveaux écomatériaux.

Ceux-ci sont utilisés pour la reconstruction de nouveaux bâtiments ou intègrent le marché local des matériaux.
En 2017 Néo-Eco a été classée 1ère strat-up innovante française dans la catégorie CleanTech par Ernst & Young.

École Lucie Aubrac

Premier bâtiment scolaire de Roubaix ayant bénéficié d’une construction passive et site expérimental du pilotage intelligent des consommations énergétiques, Lucie Aubrac fait partie des 50 écoles roubaisiennes converties au Zéro Déchet.
Ramequins et plats posés sur les tables pour les petits, self pour les grands, avec, au choix, une grande ou une petite assiette, quantité raisonnée de nourriture, tri des déchets résiduels transformés ensuite en biocarburant pour les bus circulant à Roubaix… La chasse au gaspi a bel et bien été déclarée à l’heure du déjeuner avec le concours du personnel et des enfants très largement sensibilisés à ces questions.

À la dernière rentrée, en septembre 2019, l’école Lucie Aubrac comptait 289 enfants. Plus de 150 mangent à la cantine.

Rossano Ercolini

Enseignant italien et militant écologiste originaire de Toscane, Rossano Ercolini s’est fait connaître dès le début des années 1990 en prenant la tête de l’association « Environnement et Futur » qui militait pour faire interdire la construction d’un incinérateur de déchets à Capannori, sa commune. Le projet abandonné, Rossano Ercolini a alors travaillé à la proposition de nouvelles méthodes pour la gestion des déchets de Capannori.

En 2007, il annonce son « Zero Waste Goal » pour 2020. Rossano Ercolini est aujourd’hui le président du conseil de la Fondation Zero Waste Europe.

En 2013, il a reçu le Prix Goldman pour l’Environnement. Cette distinction récompense ses efforts pour informer le public des risques sanitaires et environnementaux de l’incinération des déchets et son plaidoyer pour le Zéro Déchet.

!rossano Ercolini
© Rossano Ercolini